Le stade du Schlossberg

INTRODUCTION

En parcourant ces quelques pages, vous pourrez découvrir en cartes postales le stade du Schlossberg comme peut-être vous ne l'avez jamais vu ou imaginé, ou certaines de ces vues feront revenir aux plus anciens des souvenirs lointains, mais pas oubliés. Certains épisodes de la vie de notre glorieuse USF (Union Sportive Forbach) reviendront en votre mémoire et feront hérisser les poils aux nostalgiques de la grande époque.

Pour illustrer cet historique, j'ai retenu moins de la moitié des cartes postales de cette enceinte en ma possession et je me suis attaché à vous faire découvrir les grandes lignes de l'histoire du stade du Schlossberg. Un ouvrage plus complet existe et peut être commandé à : demeraux.jerome@wanadoo.fr

  • Quelques chiffres sur le stade : édifié en 1923, ses principales caractéristiques sont :
  • Longueur : 105 mètres,
  • Largeur : 65 mètres,
  • Capacité : 5 400 places, dont 900 assises et couvertes,
  • Eclairage : 382 Lux.

Ci-dessous le terrain d'équitation des filles Adt (à droite) qui va devenir le stade du Schlossberg !







LES DEBUTS DU FOOT A FORBACH

Deux camps s'affrontaient pour la conquête d'une balle qu'il faut alors envoyer entre des piquets plantés aux extrémités du terrain. La " Fussball Realschule Vereinigung " est ainsi fondée : nous sommes en 1900 ! Les collégiens disputeront les premiers matches sur la prairie d'Oeting, puis sur un terrain vague près de Verrerie Sophie. Plusieurs clubs voient alors le jour dans les différents quartiers de la ville ; ainsi naissent le Football Club Phönix, le Football Club Triumph, le Hansa, le Germania,...

Ces différents clubs vont alors fusionner le 25 août 1909 et donner naissance au Sport Club Forbach. Après avoir tenté d'évoluer dans la vallée d'Oeting qui était à l'époque régulièrement inondée, et peu propice à la pratique d'un quelconque sport, le club se rabat alors sur la cour de la caserne De Guise ou utilise les terrains jouxtant les usines des Adt ou des Couturier.

A la fin de la première guerre mondiale, l'industriel allemand Adt est expulsé et sa propriété et tous les attenants, y compris le terrain d'équitation de ses filles sont réquisitionnés. Ce fait, à priori sans rapport aucun avec le football va être déterminant pour celui-ci à Forbach !

Le 23 avril 1919, à l'initiative de plusieurs anciens membres du Sport Club qui pendant le conflit mondial perdit quatorze joueurs, nait l'Union Sportive Forbach ! On opte pour le maillot bleu, la culotte blanche et les bas bleus, des couleurs qui sont toujours celles du club aujourd'hui.







A LA RECHERCHE D'UN TERRAIN !

Après bien des avatars, M. Couturier, maire de Forbach, mit obligeamment la " Mehlpoul " à disposition du club pour ne pas interrompre son activité grandissante. Au cours de cette période difficile, le comité du club décida d'agir et son premier grand objectif fut de doter la société sportive d'un terrain à elle. Pour éviter donc des déconvenues de ce type, et sous l'impulsion du Dr Ahreiner, président de l'US Forbach de 1920 à 1945, il fut donc décidé de doter la société sportive d'un terrain qui serait sa propriété. Après de longs et pénibles pourparlers, le club réussit à obtenir de la municipalité la cession de plusieurs parcelles du parc du Schlossberg, avec bail de 99 ans et un loyer symbolique, les dépenses d'aménagement restant à la charge du club. C'est ainsi que le terrain d'équitation des filles Adt devint, après dix huit mois de travaux, le stade du Schlossberg.

Les frais de construction du stade s'élevaient à 376 000 francs or. Cette somme put être rassemblée parmi les membres du club et plusieurs généreux donateurs, et surtout grâce au Dr Ahreiner qui fut l'initiateur du projet mais aussi le garant du projet sur sa fortune personnelle. Le club tout entier doit à cet homme et à sa mémoire une reconnaissance bien méritée !

Le club pouvait alors s'enorgueillir de posséder le plus beau stade de toute la Moselle ! Son inauguration eut lieu le 30 septembre 1923 en présence de toutes les personnalités du département et sous la présidence du haut-commissaire de la République de Strasbourg. Plus de 3 000 personnes enthousiastes assistèrent à cette manifestation dont l'événement du jour fut la rencontre entre l'équipe locale et le Club Français de Paris (2 à 2).







LA RECONSTRUCTION

Les cent dix huit jours de combat à l'intérieur de la ville et aux alentours, ont laissé des traces sérieuses dans chaque endroit de la ville. Les installations sportives n'y ont pas échappé ! Ainsi, la tribune du stade, les vestiaires, la surface de jeu, les gradins et les courts de tennis ont beaucoup souffert. Enfin, l'ensemble du matériel sportif avait disparu.

Après la guerre, de nombreux dirigeants et joueurs manquaient à l'appel. Malgré tout, avec l'aide de sympathisants, les premières réparations au stade furent effectuées. Puis, le M.R.U. procura les moyens pour une réfection grosso modo des installations. Dès la reprise des activités sportives en 1945, le club mit ses installations à disposition des écoles secondaires forbachoises pour leurs évolutions sportives. En raison de son évolution, le club dut envisager l'agrandissement du stade par la construction d'une deuxième aire de jeu. C'est à cette époque que les vides autour du terrain furent en grande partie comblés avec les déblais de la ville détruite ; ainsi, la surface totale fut quasiment doublée ! Le 17 mai 1953, le Schlossberg accueillait une rencontre symbolique entre les équipes de Lorraine et de Sarre (victoire 4 buts à 1 des locaux).

D'autres rencontres de ce type agrémentaient la vie des forbachois. Les moyens financiers nécessaires à un aménagement adéquat de ses installations manquaient : le club dut se tourner vers la municipalité et engagea alors des pourparlers avec la ville pour la reprise du stade. C'est en 1955 que celle-ci avec à sa tête déjà le sénateur maire J. E. Bousch obtint l'agrément et l'appui du gouvernement pour la modernisation de l'enceinte.







LE PROFESSIONALISME A FORBACH

Le lundi de Pâques 1957, après une série de matches amicaux où Forbach se permet de battre le FC Metz , 7 114 spectateurs assistent à une rencontre de propagande entre une sélection du bassin minier et le grand Stade de Reims ! Le 10 mai, Forbach est admis en deuxième division ; les travaux de modernisation du stade débutèrent alors l'année même où l'USF fait un grand pas en avant en créant une section de football professionnel !

A l'avènement du football professionnel à Forbach coïncident l'apparition de la piste d'athlétisme et les gradins en pierre actuels. Avant la huitième journée et la réception de Bordeaux, Forbach compte cinq victoires et deux nuls : dans l'attente de l'événement, la chasse aux billets donnent le vertige aux dirigeants et jamais plus dans toute son histoire, le Schlossberg ne connaîtra pareille affluence : 9 753 spectateurs payants ! La recette sera quant à elle de 2 611 000 francs. A la fin de la première saison, le club termine à un point du quatrième et de la... première division : l'occasion ne se représentera plus !

Les années suivantes seront difficiles ; si le maire s'engage à doter le stade d'installations pour les matches en nocturne, l'instabilité règne, le public ne comprend plus, et le voisin Merlebach réunit plus de monde dans son fief de Belle-Roche en division d'honneur. Les forbachois disputeront tout de même en 1964 la finale de la coupe Drago (consolante de la coupe de France pour les clubs professionnels). Mais, las, Forbach renoncera au professionnalisme à l'issue de la saison 1965/66 et retourne alors jouer en championnat de France amateur.







L'APRES PROFESSIONALISME

Pendant ces années, le Schlossberg aura tout de même vu défiler sur sa pelouse des formations renommées comme Ajaccio, Bastia, Bordeaux, Cannes, Lille, Marseille, Montpellier, Metz, Nancy, Nantes, le Racing Paris, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Sochaux, Strasbourg, Toulon, Valenciennes, et bien d'autres encore !

Après le professionnalisme, le premier titre remporté va être le challenge de Wendel, (dès 1967), ainsi que la coupe des Houillères. Mais, après trois belles premières saisons en championnat de France Amateurs où les bleus se montreront intraitables au Schlossberg, c'est le retour en 1971 à la division d'honneur.

Le club va vivre des années soixante dix sans relief particulier, avec tout de même un titre de champion de Lorraine en 1978 qui fait suite à une descente en promotion en 1974.

On peut distinguer sur cette carte postale en noir et blanc toujours la piste d'athlétisme en cendrée qui ceinture la pelouse, les gradins en pierre, et l'ancienne tribune. Au premier plan, on remarque les traces d'engins de chantiers mais le stade annexe n'existe toujours pas ! On peut à priori dater la carte postale ci-dessous de la fin des années cinquante.







LA COUPE DE FRANCE

C'est au cours de ces années soixante dix que la tribune d'honneur, d'une capacité de 1 000 places assises et couvertes va être édifiée. On peut noter que l'éclairage ne figure toujours pas autour de l'enceinte malgré l'engagement pris dans les années cinquante. L'édification des quatre actuels pylônes se fera au cours des années quatre vingt.

C'est par le biais de la coupe de France que le club refera parler de lui, surtout dans les années quatre vingt dix ! En 1993, Nancy alors en division II est éliminé au Schlossberg un à zéro devant 3 500 spectateurs. Mulhouse au tour suivant s'imposera trois à zéro en haut de la colline du Schlossberg le 30 mars 1993 pour le compte des seizièmes de finale, devant plus de 4 000 spectateurs. L'année suivante, le " Schloss " comme on l'appelle se passionne encore pour la coupe de France, où en trente deuxième de finale, Sedan, ancien vainqueur du trophée, l'emporte un à zéro après les prolongations devant 2 157 spectateurs.

La saison suivante, en 1996 donc, la ville va être le théâtre d'un trente deuxième de finale entre les locaux et les Girondins de Bordeaux qui évoluent en division I. L'enceinte a vu l'apparition d'une clôture métallique d'une hauteur de 2,70 mètres qui a été posée afin de pouvoir accueillir des rencontres sportives de haut niveau ; elle va voir sa capacité d'accueil limitée à 6 500 places pour des raisons de sécurité. Sinon, on peut dire que le record d'affluence de 1957 aurait été pulvérisé ! Les visiteurs s'imposeront quatre buts à deux dans une fin de match complètement folle, où les locaux reviendront de 0 à 3 à 2 à 3 en seulement cinq minutes. Toute une région était ce jour là derrière les bleus !







AUJOURD'HUI

Forbach remporta encore la coupe de Lorraine en 1995, dans un duel fratricide face à la SG Marienau (le deuxième club de la ville) en matchs aller retour. Aujourd'hui, le stade est équipé d'une piste d'athlétisme recouverte d'un revêtement synthétique étanche ; six couloirs ainsi que tous les équipements nécessaires à l'athlétisme font le bonheur des licenciés. C'est le dimanche 9 juin 1996 que fut inauguré la nouvelle piste. Le meeting ou mémorial Michel Decker s'y déroule chaque année avant l'été avec une participation sans cesse plus grande d'athlètes renommés (Jean Galfione en 2002 par exemple). Si l'US Forbach a fêté son 90ème anniversaire en 1999 par une descente en CFA2, il est redevenu depuis le porte drapeau des clubs mosellans amateurs !

Malgré tout, depuis la folle soirée de 1996, le Schlossberg n'a plus connu pareille ambiance, et les rencontres de championnat se déroulent devant un public clairsemé. Seule véritable éclaircie, le 32ème de finale de coupe de France du 4 janvier 2003 face au Racing Club de Lens victorieux par trois buts à deux en fin de rencontre devant plus de 5 000 spectateurs. Il suffirait peut être d'une bonne saison et qui sait, une accession en National pour faire revenir les spectateurs au stade ! Certes, ce sera difficile car le football d'aujourd'hui demande des moyens auxquels le club, malgré les aides de la ville et des sponsors, ne peut prétendre !

Le 30 septembre 2003, le stade du Schlossberg a fêté le 80ème anniversaire de son existence ! Une manifestation fut organisée à cette occasion dans les locaux du club house par l'Amicale Philatélique de Forbach Lorraine et le club des Collectionneurs de Cartes Postales de Stades, en collaboration avec La Poste. Au programme, toutes les cartes postales de ma collection sur le stade du Schlossberg (que l'on peut retrouver dans un petit fascicule à commander) avec un bref historique, une exposition d'autres cartes postales de ma collection et la réalisation de deux cartes postales du stade (en voir une ci-dessous) avec un cachet commémoratif de cette journée, où il ne manquait qu'une rencontre de football.

En guise de conclusion, pourquoi ne pas nommer l'enceinte ou tout au moins la tribune d'honneur du nom du Dr Ahreiner, sans qui l'USF ne jouerait peut être pas dans ce cadre idyllique qu'est le stade du Schlossberg !


  Retour à la page d'accueil