Footballmania

Cartes postales, mais également billets de matchs, maillots, affiches, statuettes, timbres, fanions, images, pin's,... le football constitue un thème de collection varié. Le plus simple consiste au départ d'amasser tout objet et document sur le thème du football ; cependant, il est préférable à un moment ou à un autre de s'orienter sur un thème précis, le matériel acquis pouvant servir d'échanges ! Les collectionneurs sont toujours prêts à s'entraider, à partir du moment où chacun y trouve son compte.

Ainsi, Ludovic, cordonnier à Saint-Etienne du Rouvray, près de Rouen, est passionné de football depuis son enfance et il possède environ 1 500 billets de diverses compétitions (au moment de la coupe du monde 1998), dont un de la finale de la coupe du monde 1938. Dans son petit appartement, une pièce entière est consacrée aux classeurs de billets de rencontres de football, de fanions ou d'affiches, dont certaines rarissimes, sur les matches de coupe d'Europe, de championnats divers et surtout de coupes du monde. « Le plus précieux de ma collection est sans aucun doute celui de la finale de 1938 entre italiens et hongrois » déclare Ludovic. Lors de la coupe du monde il a fait l'objet d'un article dans le journal « l'Equipe », comme d'autres collectionneurs.

Manuels d'instructions du football, journaux spécialisés de la presse sportive (Miroir Sprint ou Le Miroir des Sports), mais également cartes postales (cela peut aller de la carte de joueurs à celle d'équipes, de stades, d'illustrations,...), billets de matchs (ci dessous, le ticket du quart de finale de la coupe du monde 1938 avec un timbre commémorant cette épreuve), programmes officiels, affiches,... tout peut être collectionné.

Dans un article paru dans la Vie du Collectionneur, Hector Tamburello fait part aux lecteurs de sa dernière trouvaille. Il a ajouté à sa panoplie la collection des cartes de supporters de clubs sportifs de football, rugby ou de toutes autres disciplines. Quittons le monde des vieux papiers pour celui des céramiques : moins courantes, mais tout aussi prisées, les porcelaines et notamment les assiettes présentent un charme particulier. De nombreux clubs ont un jour commémoré un anniversaire en créant une assiette avec le logo du club !

Concernant les dessins stylisés des émaux de Longwy, région phare du développement du football en France, les assiettes sont décorées à la main et représentent souvent en leur centre des joueurs se disputant le ballon lors d'une phase de jeu (voir illustration ci-dessous). D'autres assiettes développent un côté plus humoristique. Aujourd'hui, dans les ventes aux enchères, les assiettes sont très prisées et peuvent atteindre des prix assez conséquents.

Continuons notre tour d'horizon des collections liées au football : tout au long du 19ème siècle, la tenue du joueur de football s'est modifiée. Réalisés à partir de tissus amples et robustes, souvent en coton, adaptés à la pratique d'un exercice rugueux, les équipements évoluent vers des matières modernes, plus légères et produites en quantité industrielle, ce qui en fera leur popularité. Pour les collectionneurs avertis, il ne reste que peu de pièces d'équipements du début du siècle. Hormis les maillots, il nous reste de cette époque les casquettes en velours, les «caps », qui en France furent pendant longtemps remises aux joueurs appelés en équipe nationale, d'où l'expression tel joueur compte dix «caps » (10 sélections) ! Très prisées, les tenues ayant appartenu à des légendes du ballon rond : elles s'échangent ou s'achètent à prix d'or. Le supporter lui n'a rien de plus précieux qu'un maillot lancé par l'un des joueurs de son équipe favorite après une victoire, quel que soit le joueur. Aujourd'hui, la mode est à l'équipement sportif du parfait supporter et cela, les clubs et les fabriquants l'ont bien compris : il en existe tout une panoplie.

Datées de la fin du 19ème siècle, les pièces les plus anciennes, véritables chefs-d'oeuvre, sont destinées à l'élite sociale et consacrent un sport aux vertus «aristocratiques » : nous parlons ici des statuettes. Il existe de nombreuses pièces en bronze ; ces réalisations sont souvent l'expression du geste parfait, tel qu'il est enseigné dans les manuels sportifs. En marge de ces statuettes que l'on voit dans les ventes huppées, on trouve également de multiples coupes, trophées et médailles commémorant des événements prestigieux, comme cette pièce immortalisant la finale de la coupe du monde 1958 entre le Brésil et la Suède, où le nom des 22 participants est gravé, dont celui de Pelé. D'autres trophées ne s'offriront plus aux regards de passionnés, à l'image du trophée Jules Rimet qui était remis au vainqueur de la coupe du monde depuis 1930. Statuette en or d'environ 1,5 kg, elle fut volée à Londres en 1966. Après être réapparue, elle fut subtilisée une seconde fois au Brésil qui en avait obtenu la concession après sa troisième victoire dans l'épreuve : elle fut alors remplacée en 1974 par l'oeuvre d'un sculpteur italien ; aujourd'hui, lorsque vous voyez le trophée de la coupe du monde, sachez que l'original lui dort dans un coffre à l'abri des regards et des tentations !

Gravures et peintures sur le thème du football foisonnent. De nombreuses lithographies nous parviennent du début du siècle. Dès 1902, une oeuvre signée Rosé est soulignée par cette légende : « Imbécile, abruti, crétin souillé de boue,... tels sont les termes que donna celui qui joue au suave football, le poète Kipling. Il ne sera jamais président du Racing ». Si cela est vrai, il laisse entrevoir un intérêt de la part des intellectuels pour ce sport encore fruste à l'époque. De fait, les artistes ont multiplié estampes, fusains, peintures à l'huile, et mobilisé toutes sortes de techniques pour immortaliser l'union du football et de l'art. Cette union ne se dément pas puisque le CFO, Comité français pour l'organisation de la coupe du monde 1998, a confié à de nombreux jeunes artistes la réalisation de toiles originales qui sont devenues supports officiels annonçant l'épreuve sur l'ensemble du territoire. Certaines de ces épreuves ont été réduites au format du timbre postal, pour le plus grand plaisir du philatéliste, friand notamment du premier timbre rond proposé par la Poste française à l'occasion de ce mondial.

C'est d'abord par le biais de la presse sportive que la publicité pénètre le football : puis ce fit l'invasion des affiches programmes, affublées très rapidement d'un sponsor. Nous sommes à présent dans le monde des images publicitaires. Très vite, les joueurs servent eux aussi d'agents publicitaires : certaines entreprises (elles sont de plus en plus nombreuses) souhaitent se rattacher à l'image positive que véhicule le football. Ainsi, d'autres supports publicitaires voient le jour dans les années cinquante, des marques de cigarettes offrent dans leurs paquets des vignettes à l'effigie des grands noms du football de l'époque. Les fameux (qui n'en a pas un jour fait la collection ? ) autocollants Panini recensent au travers d'albums spécifiques cinquante ans de football professionnel. Les images publicitaires utilisant le football à des fins promotionnelles couvrent aujourd'hui des domaines aussi divers que le cinéma ou la politique, avec par exemple des affiches restées célèbres, exigeant dans de nombreux pays le boycott de la coupe du monde 1978 du fait de la dictature militaire.

Il existe également des jeux sur le thème du football, qu'il s'agisse des jeux présents dans les bistrots juste après la guerre (flippers dès les années soixante dix), ou plus près de nous (jeux électroniques), ou du baby foot, des jeux de société, ou des célèbres maquettes de locomotives aux couleurs des clubs anglais,...

Pour terminer, Jean Louis Villesèche nous parle des timbres ! Comme tous les amateurs de football, les collectionneurs aiment posséder les lieux où se disputent les matches de leur équipe favorite ou de celles qu'ils risquent de ne jamais voir évoluer, puisque ce sport a une dimension mondiale. Si la cartophilie, surtout moderne, nous donne l'occasion de découvrir en grand les stades des pays qui éditent de tels supports, la philatélie nous permet de visualiser également des enceintes qui sont souvent inconnues à ce jour, mais aussi la plupart des stades des grandes nations du football. Passionné par ce sport pratiqué dans ma jeunesse, j'ai été de bonne heure un philatéliste à la recherche des vignettes postales ayant pour sujet tout ce qui touchait au football. Sur les 7000 timbres parus dans le monde, j'en ai récolté environ 6500 depuis trente ans (article écrit en 1998). Parmi ceux-ci, pas moins de 200 concernent directement les stades.

Le plus simple pour un collectionneur est d'amasser tout objet ou document sur le thème du football : cependant, et devant les innombrables éléments générés par ce sport, il conviendra de s'orienter sur un thème précis. A chacun sa passion !

Toute collection a un prix : des cartes postales anciennes représentant des équipes célèbres peuvent se négocier entre 50 et 100 Euros, des timbres anciens entre 60 et 100 Euros, des statuettes en bronze varient entre 1 300 et 1 700 Euros, des assiettes en céramique se négocient entre 80 et 500 Euros, des médailles de 10 à 300 Euros, des « caps » de 450 à 900 Euros, ... Le maillot de Raymond Kopa du match France Pays De Galles de 1953 s'échangerait aujourd'hui aux alentours de 15 000 Euros.

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